Guy Brett

Guy Brett

Au début des années 80, Telaro produisait une série de tableaux qui m'ont intrigué et attiré beaucoup. On ne pouvait pas dire qu'il avait inventé un langage car le langage de ces tableaux était apparemment privé de toute originalité.

Il était le plus bas dénominateur de l'expression visuelle, un type de langage muet international, comme on peut le voir dans les toilettes ou sur des feuilles pour les annotations, ou le type de dessin que les dessinateurs de bandes dessinées imaginent dessinés par les prisonniers sur les murs de leur cellule. C'était un répertoire de symboles pas celui des enfants, mais du petit homme, qui ensembles ressortent sur la toile dans une série inattendue d'incidents et d'équations. Parfois la signification satyrique est claire, autrefois c'était difficile de donner un sens aux combinassions de symboles, mais toutes les images ont une certaine atmosphère: de vie, de mouvement, de folie mélangée à une innocente lute pour le bonheur et la liberté. Ensuite les travaux de Telaro deviennent fâchés, sauvages et plus désespérés. Le fond vert des champs et le bleu du ciel disparaissent ou sont mis de côté pour laisser la place à de monstrueuses et sanglantes images peintes de façon naturelle. Ces citations du monde politique ou des médias reflètent l'indignation morale et la rage. Mais ces travaux étaient pour lui moins personnels des "killroys" et des "petits hommes", qui malgré leur stupidité sont toujours en compétition et à la recherche de quelque chose. Récemment, Telaro a radicalement simplifié ses travaux. Il s'agit réellement seulement d'images de lampes, d'intérieurs et particulièrement de bateaux de papier qui ont survécu. Ces signes se combinent avec des contours de têtes humaines en groupe de deux ou trois, qui occasionnellement sortent ou se superposent. Un motif qui figure dans la peinture que Telaro a utilisé lorsqu'il est arrivé pour la première fois à Londres. Les deux séries d'images continuent la recherche qui "je crois" il a toujours développé dans ses tableaux ainsi que dans ses performances, c'est-à-dire de combiner dans un unique langage le social au psychologique. Signes que l'on suppose avoir une signification sociale, mais en réalité ils ne sont rien d'autre qu'une façon d'imprimer le nom du produit dans l'esprit, le "trade-mark": ces signes, en outre sont opposés à d'autres, qui sont intimement "mes", moi, et le résultat est une affirmation de l'homme. Ces récents travaux sont simplifiés en terme de figures rhétoriques, mais plus subtiles et nuancées en ce qui concerne la façon de peindre et l'usage de la couleur. Toile blanche légèrement traversée par un signe graphique. Le bateau de papier est le symbole de l'innocence, du voyage de la vie, mais aussi une abstraction car il est obtenu avec une feuille de papier aplatie, pliée dans un ordre géométrique. Les têtes de même, sont sans visage. Les deux nous regardent ou absorbent notre regard. Elles sont des symboles humains et elles aussi reconnaissent l'amour pour l'abstraction car le vide dans l'art visuel est considéré comme un terrain de possibilités et de puissance.

 

thought

Qu’il s’agisse de propositions politiques, ontologiques ou purement esthétiques, Rino Telaro vise toujours le dévoilement d’un espace ouvert. Aussi observe-t-il quelque contradiction à s’enfermer dans la catégorie de peintre ou même d’artiste. Il s’agit plutôt d’un questionnement qui ne pourrait en aucun cas se refermer ou se figer sur l’une ou l’autre production.


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Manifesto Brut

"Next exhibition"

LONDON BIENNALE 2014

"Pollination"

 

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